J’ai regardé Ultimatum Queer Love, “l’île de la tentation” version lesbienne disponible sur Netflix

2 min de lecture

Après avoir publié une vidéo sur TikTok et Instagram qui a cumulé des milliers de vues sur “une île de la tentation version lesbienne”, vous avez été des dizaines à me parler de Ultimatum : Queer Love, la téléréalité Netflix qui met en scène des couples lesbiens.

Il n’en fallait pas plus : ni une ni deux, j’ai foncé dévorer cette émission pour me faire mon propre avis.

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Une téléréalité lesbienne ultra addictive et divertissante

Je vais commencer par le positif : cette série est, selon moi, au sommet du divertissement.

Entre romances, “dramagouines” et humour, c’est extrêmement addictif. On a envie de savoir la suite à chaque épisode. Contrairement à certaines téléréalités françaises, ici, les scènes ne sont pas toujours coupées ou édulcorées, ce qui peut créer des moments très gênants, parfois même trop.

Certaines situations dévoilent une intimité assez poussée, et c’est un point sur lequel je reviendrai, car cela me pose de vraies questions.

Une représentation LGBTQIA+/lesbienne rare et bienvenue

Ce qui est vraiment intéressant, c’est qu’on peut enfin se sentir représenté dans une téléréalité où les relations hétérosexuelles ne sont pas au centre.

Par ailleurs, j’ai beaucoup apprécié l’inclusivité et la volonté de montrer (presque) toutes les facettes des lesbiennes : racisées, féministes, butch, masculines, etc.

Même si, vous le savez, je n’aime pas trop catégoriser les lesbiennes, je sais que ces représentations parlent à beaucoup de personnes, et sur ce point, je trouve que c’est une réussite.

Autre point positif : la sexualité n’est pas constamment amplifiée ni traitée de manière purement voyeuriste. Cela reste globalement assez respectueux dans la manière de filmer les relations.

Les limites et les zones de malaise d'ultimatium queer love

Comme dans toute téléréalité, et je vous invite d’ailleurs à lire Téléréalités La fabrique du sexisme. pour développer votre avis critique, on se confronte forcément à des clichés.

Ce qui m’a interrogée, c’est surtout la reproduction de certains schémas systémiques dans les comportements et les discours de certaines participantes. Certaines attitudes, certaines façons de parler m’ont semblé reproduire des dynamiques très masculinisées, parfois même proches de logiques masculinistes. Cela m’a profondément questionnée.

Je ne pense pas que cela soit uniquement le résultat de la production, mais cela interroge sur ce que le format met en lumière… ou amplifie.

Consentement et questions éthiques

Plusieurs éléments m’ont également laissée perplexe, notamment autour de la question du consentement :

  • Le fait de faire dormir ensemble, dans un même appartement et parfois dans un même lit, des personnes qui se connaissent depuis très peu de temps (deux ou trois dates) m’interroge. Où se situe réellement le consentement dans ces conditions ?
  • Certaines visions très arrêtées du couple et du mariage m’ont également frappée, avec une sacralisation du mariage présenté comme une forme de réussite ultime de la vie. Cela peut devenir stigmatisant pour d’autres parcours. Dans la saison 1, notamment à travers certaines participantes comme Vanessa, on observe cette tension entre désir d’amour “idéal et plus libre » et normes sociales très rigides de le part de certaine qui place le mariage comme l’unique réussite possible.

Une réflexion plus profonde sur les relations

Enfin, et peut-être que cet article mériterait presque de devenir un essai à part entière, cette émission m’a amenée à réfléchir sur les fondements mêmes des relations.

En tant que future sexothérapeute (je suis en formation depuis un an), je constate une vraie difficulté dans certains couples : une tendance à normaliser des schémas relationnels fragiles, parfois liés à des traumatismes anciens, à des coming out difficiles ou à des blessures non travaillées.

Cela m’interroge profondément.

Dans certains cas, on observe des situations où la solution implicite proposée est de “changer de partenaire”, comme si remplacer une relation pouvait suffire à résoudre des problématiques beaucoup plus profondes.

Or, cela pose une véritable question éthique : est-ce que changer de relation permet réellement d’aller mieux, ou est-ce que cela évite de faire le travail personnel nécessaire ?

Je vous laisse réfléchir à cela.

Pour aller plus loin : mon kamastra lesbien, 36 positions

Si jamais vous ne me connaissez pas et que vous débarquez par hasard à la suite d’une recherche Google, je suis autrice de trois livres. J’ai aussi eu à cœur d’écrire un kamasutra lesbien, pour vous donner plein d’idées et vous permettre de kiffer pleinement votre sexualité !

Pour aller plus loin : j'ai écrit 3 livres

Parce que quand on aime .... on partage 🙂

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