Depuis l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, les demandes ont été multipliées par 6

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Le succès de l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes se heurte aujourd’hui aux réalités du terrain. Les centres de PMA sont souvent débordés et les délais d’attente révèlent de fortes disparités selon les territoires.

Les délais de PMA en France couple de femmes

Une avancée historique pour les couples de femmes

En 2021, la loi bioéthique a enfin permis aux couples de femmes lesbiennes et aux femmes célibataires d’accéder à la PMA en France.

Une avancée historique qui a mis fin à des années d’inégalités, durant lesquelles de nombreuses lesbiennes étaient contraintes de partir à l’étranger pour réaliser leur projet parental.

Depuis l’entrée en vigueur de la loi, les demandes de PMA avec don de sperme ont été multipliées par 6.

Cette hausse ne traduit pas un « effet de mode », mais révèle une réalité : des milliers de couples de femmes et de femmes célibataires attendaient simplement que leurs droits soient enfin reconnus.

Aujourd’hui, les couples de femmes représentent près d’un tiers des nouvelles demandes, tandis que les femmes célibataires en constituent environ la moitié.

Des centres de PMA sous tension

Cette avancée s’accompagne toutefois de nouvelles difficultés.

Les centres de PMA font face à une très forte augmentation de la demande, avec des délais d’attente parfois particulièrement longs selon les régions. D’après l’Agence de la biomédecine, ils varient généralement de 8 à 28 mois.

Le manque de personnel, les difficultés de recrutement et les inégalités territoriales compliquent encore l’accès à ce droit.

Les régions où les délais sont les plus longs

Certaines régions sont particulièrement touchées par la saturation des centres de PMA.

  • Île-de-France : parmi les délais les plus longs de France, avec certains centres atteignant 24 à 28 mois d’attente.
  • Nouvelle-Aquitaine : plusieurs centres sont saturés et affichent des délais supérieurs à la moyenne nationale, pouvant dépasser 20 mois.
  • Bourgogne–Franche-Comté : fait partie des régions où les délais sont les plus importants, avec certains centres approchant 2 ans d’attente.
  • La Réunion : les délais y figurent également parmi les plus longs du territoire français, pouvant dépasser 24 mois.

À noter qu’il n’existe pas de classement officiel par région avec un délai précis pour chacune. L’Agence de la biomédecine publie des fourchettes de délais et identifie les territoires les plus en tension, mais les temps d’attente varient d’un centre hospitalier à l’autre, parfois même au sein d’une même région.

En conclusion

Pour de nombreuses lesbiennes, la loi de 2021 a marqué la fin d’une inégalité majeure en matière d’accès à la parentalité.

Mais cinq ans plus tard, l’égalité juridique ne garantit pas encore une égalité d’accès. Les délais d’attente restent très variables selon les territoires et peuvent repousser de plusieurs mois, voire de plusieurs années, un projet de vie.

Il est donc essentiel de donner davantage de moyens aux centres de PMA afin que chaque femme et chaque couple puisse être accompagné dans des délais raisonnables, quel que soit son lieu de résidence.

 

Source : Sénat.fr et l’agence de biomédecine

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