
Le film féministe Jeune et Jolie
Un portrait intime et troublant d’une jeune femme en quête d’identité, de liberté et de contrôle sur son corps, entre désir, pouvoir et émancipation.
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Hello tout le monde !
J’avais envie de vous partager notre parcours PMA en tant que mamans lesbiennes, car bien que j’en ai beaucoup parlé sur les réseaux sociaux, je trouvais ça dommage de ne pas laisser une trace écrite ici ! J’espère que vous plaira !
En décembre 2022, j’ai dit à Anaïs que je me sentais prête à devenir maman. Ce n’était pas une grande annonce, plutôt une phrase simple posée dans notre quotidien, mais qui allait profondément transformer notre vie. Nous avons dit oui à ce projet sans en mesurer la complexité, portées par une forme de confiance naïve dans le système et dans notre capacité à avancer rapidement.
Nous avons choisi le CHU de Limoges, car nous avions entendu dire que les délais annoncés étaient plus courts qu’à Bordeaux. À ce moment-là, nous avions surtout envie d’avancer, de concrétiser enfin ce projet de vie que nous portions depuis longtemps. Le premier rendez-vous est arrivé très rapidement, seulement deux semaines après notre prise de contact, en janvier 2023. Cette rapidité nous a tout de suite rassurées et nous a donné le sentiment que les choses allaient enfin se mettre en place.
À ce stade, nous n’avions pas encore une vision très concrète des délais réels du parcours, mais les échanges que nous avions eus étaient plutôt encourageants : on nous parlait d’une attente pouvant aller jusqu’à six mois maximum. Dans notre tête, cela nous semblait long, bien sûr, mais aussi totalement supportable au regard de l’importance du projet.
Le premier rendez-vous médical s’est d’ailleurs très bien passé. Nous avons été accueillies avec bienveillance, écoutées dans notre projet et rassurées sur la suite. Médicalement, tous les feux étaient au vert pour envisager une grossesse, ce qui nous a apporté énormément de soulagement et d’espoir. En sortant de ce rendez-vous, nous étions sincèrement heureuses, sereines et pleines d’enthousiasme pour la suite. À ce moment-là, nous avions vraiment le sentiment que notre projet de famille devenait enfin réel.
C’est donc sans trop attendre que nous avons très vite enchaîné les examens médicaux. Tout semblait fluide et se déroulait naturellement. Les résultats étaient tous rassurants et ne laissaient apparaître aucun problème de santé du côté de ma femme. Nous étions vraiment très sereines et pleines d’espoir. À ce moment-là, on nous évoque même la possibilité d’une grossesse pour l’été 2023. Pour nous, c’était presque irréel, tellement ce projet nous semblait enfin accessible.
Au printemps 2023, nous avions réalisé l’ensemble des examens et, sans plus attendre, nous avons envoyé notre dossier médical complet au CHU.
Je tiens aussi à préciser qu’au-delà des examens médicaux, nous avions également effectué la reconnaissance conjointe anticipée chez le notaire. C’est une étape administrative essentielle dans le parcours des couples de femmes et il ne faut surtout pas l’oublier. C’est grâce à cette démarche que la mère non biologique peut être reconnue légalement et bénéficier des mêmes droits parentaux que la mère biologique dès la naissance de l’enfant.
Peu de temps après l’envoi du dossier, nous avons reçu un appel nous annonçant que celui-ci avait été validé par la commission et placé en attente de donneur. C’était une immense étape pour nous. À partir de ce moment-là, nous n’attendions plus qu’une seule chose : recevoir l’appel du CHU nous annonçant que les paillettes étaient enfin disponibles et que nous pouvions entrer concrètement dans le parcours de PMA.
Nous rencontrons ensuite la biologiste du CHU, qui évoque les critères du donneur et laisse entrevoir une avancée rapide. À ce moment-là, nous croyons encore que les choses vont s’enchaîner rapidement.
Et puis l’attente, encore une fois. J’ai conscience, dans mon récit, que par rapport à d’autres couples, elle n’a pas été très longue. Et je ne veux pas, à travers ce récit, me plaindre, bien au contraire. Mais à notre échelle, ces quelques mois ont semblé être une éternité. Chaque jour, nous descendions à la boîte aux lettres, impatientes de recevoir enfin un courrier nous annonçant que les paillettes étaient prêtes. Nous avons passé des semaines, puis des mois, dans cette attente qui nous semblait interminable.
Puis, en août, je me décide à appeler le CHU et la réalité tombe : on nous annonce que les délais sont bien plus longs que ce qui nous avait été dit auparavant. Un an, peut-être même plus. Je me souviens encore de la secrétaire qui nous avait parlé de délais pouvant aller jusqu’à un an et demi.
Pour nous, c’est un vrai choc. La date de notre mariage approchant, nous ne voulions vraiment pas avoir un bébé de quelques semaines ou que ma femme soit en fin de grossesse ce jour-là. Et là, c’est une véritable claque.
Ce que je trouve difficile dans ce parcours, c’est qu’on n’a vraiment aucune visibilité. Personne n’est capable de nous annoncer de délais précis, et je trouve ça terriblement frustrant. D’un côté, on essaye de rester patientes, mais de l’autre, notre vie entière est en suspens. On nous avait recommandé de ne pas partir en vacances, au cas où nous recevions un appel, et je dois reconnaître que nous avons eu beaucoup de mal avec ça.
Pour en savoir plus sur les formalités pour devenir mamans en tant que lesbiennes, je vous invite à lire mon livre Daronne et lesbienne
Je vous recommande mon ouvrage : Parlons Lesbiennes, le guide de l’homosexualité féminine, aux éditions Piktos 2024
mon deuxième ouvrage : Daronne et Lesbienne, aux éditions Jouvence, 2025
et mon kamasutra lesbien, 36 positions sexuelles pour les couple de femmes

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Si vous vous intéressez à la maternité lesbienne et aux parcours PMA, Dar a luz est une lecture incontournable. Cette bande dessinée allie militantisme et