Nous rencontrons ensuite la biologiste du CHU, qui évoque les critères du donneur et laisse entrevoir une avancée rapide. À ce moment-là, nous croyons encore que les choses vont s’enchaîner rapidement.
Et puis l’attente, encore une fois. J’ai conscience, dans mon récit, que par rapport à d’autres couples, elle n’a pas été très longue. Et je ne veux pas, à travers ce récit, me plaindre, bien au contraire. Mais à notre échelle, ces quelques mois ont semblé être une éternité. Chaque jour, nous descendions à la boîte aux lettres, impatientes de recevoir enfin un courrier nous annonçant que les paillettes étaient prêtes. Nous avons passé des semaines, puis des mois, dans cette attente qui nous semblait interminable.
Puis, en août, je me décide à appeler le CHU et la réalité tombe : on nous annonce que les délais sont bien plus longs que ce qui nous avait été dit auparavant. Un an, peut-être même plus. Je me souviens encore de la secrétaire qui nous avait parlé de délais pouvant aller jusqu’à un an et demi.
Pour nous, c’est un vrai choc. La date de notre mariage approchant, nous ne voulions vraiment pas avoir un bébé de quelques semaines ou que ma femme soit en fin de grossesse ce jour-là. Et là, c’est une véritable claque.
Ce que je trouve difficile dans ce parcours, c’est qu’on n’a vraiment aucune visibilité. Personne n’est capable de nous annoncer de délais précis, et je trouve ça terriblement frustrant. D’un côté, on essaye de rester patientes, mais de l’autre, notre vie entière est en suspens. On nous avait recommandé de ne pas partir en vacances, au cas où nous recevions un appel, et je dois reconnaître que nous avons eu beaucoup de mal avec ça.