Blanche, la BD écrite par Maëlle Réat, qui met en lumière les stigmatisations des personnes vivant avec le VIH

1 min de lecture

BD BLANCHE MAELLE REAT

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un sujet qui occupe une grande place dans ma vie : celui de la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH. J’ai été salariée et militante au sein de l’association AIDES, que je soutiens toujours, et peut-être que certain·e·s d’entre vous l’ont compris, mais je travaille actuellement au sein du CORESS, un dispositif qui a pour objectif, entre autres, de réduire la propagation du VIH et d’améliorer les conditions de vie des personnes vivant avec le VIH. Ce combat, je le mène depuis de nombreuses années, et je souhaite, à travers cette mise en avant sur mon blog, rendre hommage à toutes ces personnes décédées ou stigmatisées en raison de leur sérologie.

Un BD pleine de tendresse

Blanche, c’est l’histoire d’une maman racontée à travers les illustrations de sa fille, Maëlle Réat, une véritable déclaration de bienveillance pour raconter l’histoire d’une vie que sa mère a tant cachée par peur d’être jugée, elle qui l’a tant été par le passé. Comme si l’on pouvait être coupable d’être séropositive, dans un monde qui, dans les années 70-80, ne parlait pas ou très peu de prévention.

Maëlle Réat, BD blanche,

Une histoire intime et universelle

Blanche est un récit à la fois intime et poignant. À travers les mots de Maëlle Réat et de sa mère, l’ouvrage ne cherche pas à expliquer pourquoi sa mère est devenue séropositive, mais plutôt à raconter une vie, avec ses silences, ses blessures et ses combats.

Blanche devient alors bien plus qu’un personnage : elle incarne toutes les personnes ayant vécu avec le VIH/sida, dans un contexte où la prévention était encore limitée et où la méconnaissance dominait. Elle n’est en aucun cas responsable de sa sérologie, mais le résultat d’une époque marquée par des manques d’information et de prévention.

La violence de la stigmatisation et les failles du système

Ce qui marque profondément à la lecture, c’est aussi la mise en lumière des dysfonctionnements du système médical et de la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH.

La BD évoque notamment ces situations où Blanche se voit refuser des seringues stériles par certains pharmaciens, l’empêchant ainsi de réduire les risques liés à sa consommation de drogues. Ces refus illustrent une double peine : celle de la maladie et celle du jugement social.

 

À travers ces récits, on mesure à quel point les personnes concernées ont été exposées à une forte stigmatisation, parfois institutionnalisée

Le rôle essentiel des associations comme AIDES, L'ENIPSE, ACT-UP..

Le récit rend également hommage au travail remarquable des associations communautaires, qui ont joué et jouent encore un rôle essentiel dans la lutte contre le VIH et contre les discriminations.

Des structures comme AIDES, l’ENIPSE, Actions Traitements ou Act Up (entre autres) ont contribué à faire évoluer les mentalités, à défendre les droits des personnes concernées et à améliorer la prévention.

Sans elles, la prise en charge et la reconnaissance des personnes vivant avec le VIH seraient aujourd’hui très différentes

Une mémoire à transmettre

Blanche n’est pas seulement une histoire personnelle : c’est aussi un devoir de mémoire. Celui d’une époque marquée par la peur, les préjugés et le silence.

Comme le rappelle une affiche de AIDES :
« Le sida n’est ni raciste ni homophobe, il aime tout le monde. »

Une phrase simple, mais qui résume à elle seule l’importance de continuer à informer, prévenir et combattre les stigmatisations.

Le rôle des lesbiennes dans la lutte contre le sida

Affiche AIDES, le sida n'est ni raciste ni homophope

Dans l’histoire du VIH/sida, le rôle des lesbiennes est souvent méconnu, alors même qu’il a été essentiel. Dès les années 1980, face à l’inaction des pouvoirs publics et à la stigmatisation massive des personnes touchées, de nombreuses femmes lesbiennes se mobilisent aux côtés des malades et des communautés LGBT+.

Elles s’impliquent très concrètement dans l’accompagnement des personnes vivant avec le VIH : présence dans les hôpitaux, soutien aux malades isolés, aide dans les soins du quotidien et accompagnement en fin de vie. Dans certains contextes, elles font partie des rares personnes à ne pas abandonner les malades, fortement rejetés à cette époque.

Elles participent également à des collectifs militants comme Act Up ou à des réseaux féministes et communautaires, qui vont jouer un rôle majeur dans la dénonciation de l’inaction politique et des discriminations. Leur engagement contribue à transformer la manière de penser la santé : en plaçant l’expérience des personnes concernées au centre des luttes.

Contrairement à une idée parfois répandue, leur rôle n’est pas principalement lié au don du sang, mais bien à une mobilisation sociale, politique et humaine plus large, fondée sur la solidarité et le soin.

Leur action s’inscrit ainsi dans une histoire collective de résistance face à la stigmatisation et au silence, aux côtés de nombreuses autres communautés touchées par l’épidémie.

J’en parle dans mon premier livre : Parlons lesbiennes, le guide de l’homosexualité féminine

Parce que quand on aime .... on partage 🙂

Laisser un commentaire

D'autres articles par ici 👇